Ateliers
Je suis artiste intervenante depuis 2012. J’aime permettre, soutenir, imaginer des dialogues et des rencontres par la création artistique avec et auprès de personnes d’âges, de situations de vie et de parcours différents. Par les ateliers que je propose, j’ai envie d’essayer d’élargir les horizons, faire de la place à l’imaginaire, entre art et hospitalité, quelque part au cœur du soin du monde.
découvrir
ATELIERS AVEC LE TRACé
ART, ÉCRITURE ET PHILOSOPHIE
ESPACE 600 – LA RAMPe
ABCD'HÈRES
LES BRUITS DU MONDE
avoir 20 ans
L'équipe rouge
résidences en ehpad
linogravure et suminagashi
les goûters philo
création d'un recueil de poésie
les ateliers du vent
création de fanzines
création de gazettes
correspondances à rocheplane
ATELIERS AVEC LE TRACé (périscolaire)
Depuis 2020, j’interviens auprès du TRACé afin de proposer des ateliers sur le temps périscolaire aux enfants des écoles proches de l’un des trois musées concernés (Musée Géo-Charles, le Centre du Graphisme, le Musée de la Viscose). Ces propositions ancrées dans la spontanéité et l’expérimentation, favorisent le déploiement de l’imagination des enfants à travers différentes propositions plastiques, avec des échos vers ma pratique personnelle ou le partage d’autres références artistiques.
Chaque trimestre, je change d’école ou de groupe d’enfants (cycle 2 ou 3). Il arrive aussi que nous nous rendions à l’un des musées pour découvrir l’exposition en cours ou avoir la chance de voir l’espace des réserves des œuvres. Ces ateliers sont des moments où on essaye, où on discute, où on découvre. Cela permet au groupe d’aspirer à produire des formes, nouvelles et exaltantes, sans que ce soit une quête de reconnaissance auprès de l’intervenant·e. Si cela doit chambouler l’esthétique établi habituellement à l’école, tant mieux. Je crois qu’une certaine indiscipline permet de bénéficier d’un élan nouveau.
ART, ÉCRITURE ET PHILOSOPHIE
Via le Pôle EAC et pratiques artistiques des affaires culturelles de la ville, j’ai rencontré à Echirolles le Pôle de la lecture et de l’écrit en 2022 et l’ensemble de son équipe : Sandrine Poutineau, Bilal Chérif, Mekdes Pontet, Lila Guillon, Julie Auguste, Aziza Benkacem. Avec elles et eux et grâce à leur confiance, j’ai énormément appris et rempli ma mallette de nouveaux outils. Intéressée comme elleux par l’objet livre et toutes les possibilités qu’il peut déployer, j’ai tout d’abord commencé à animer des ateliers périscolaires hebdomadaires pendant un trimestre. Puis, en 2023, curieuse des formations accessibles et de qualité qu’iels proposent, j’ai suivi la formation proposée par Dominique Osmont, formatrice et animatrice d’ateliers d’écriture, “Formation à l’animation et à la conception d’ateliers d’écriture ”, puis celle “Lecture à Voix Haute”, portée par Ariane Salignat, comédienne au Pôle de la Lecture et de l’écrit.
Un-e artiste, c’est une personne qui permet de relier, qui dessine et imagine des manières d’élargir les horizons collectivement et individuellement. J’ai envie de faire les choses avec art, et pour moi, ça veut dire faire les choses avec soin. Soigner l’observation de ce qu’on a envie de dessiner, de ce qu’on a devant les yeux, soigner l’écoute, les mots, les attentions, les propositions, mais aussi le matériel, l’espace, l’accueil, les contacts et les liens.
UNE FORMATION PHILO
Fin 2023 début 2024, j’ai suivi la formation “Animation de discussions à visée philosophique” co-animée par Anda Fournel, enseignante à l’université de Grenoble et Bilal Chérif. Aujourd’hui, j’interviens régulièrement pour les projets les Mardis de l’écriture, Philo-plastique, Philo-ciné, Philo-nature ou bien pour des ateliers en lien avec les auteurices accueillies en résidence (Clémentine Sourdais, François Beaune, Betty Bone). Ces ateliers ont lieu avec les enfants pendant le temps scolaire et avec la présence de leur instituteurices, avec l’un-e des chargé-e de projet culturel du Pôle et un-e autre intervenant-e (Dominique Osmont, Louis Soubeyran, Carole Fournier et Caroline Bellot du Collectif Lieu-dit). Les écoles concernées se trouvent toutes à Echirolles.
ESPACE 600 – LA RAMPE-PONATIERE
L’Espace 600 est une scène nationale se trouvant à Grenoble et proposant des spectacles variés (théâtre, danse, cirque, ombres, marionnettes…) principalement adressés aux enfants, dont les tout-petit·es. La Rampe - Ponatière est une salle de spectacle nationale proposant des spectacles à différents publics avec un lien fort aux livres et à leurs auteurices, ainsi qu’aux croisements et aux rencontres atypiques des genres, des langages et des récits.
J’ai eu l’occasion de proposer plusieurs ateliers de médiations dans plusieurs classes (maternelles et élémentaires) afin d’accompagner, présenter, guider la rencontre avec une pièce que les enfants sont allé·es voir (Wonderland, Bonobo, Trait(s), Naufragata, Immobile et Rebondi). Ces propositions ont parfois été croisées avec le Pôle de la lecture et de l’écrit.
ABCD'HÈRES - médiathèque smdh
Entre octobre 2024 et juin 2025, tout au long d’un cycle d’ateliers croisés entre écriture et arts-plastiques, deux classes de l’école primaire Pauline Léon à Saint Martin d’Hères ont imaginé un ABCD’Hères qui parle de leur quartier. Laurence Ramon et l’équipe de la Médiathèque de Saint Martin d’Hères ont proposé aux enfants de redécouvrir les rues et les histoires autour de leur école en mélangeant témoignages, photos anciennes et récits de patrimoine historique.
Mustapha Ferkous / Kifftout, artiste slameur et poète, s'est occupé avec les élèves de la classe de CE1 d’imaginer morceau par morceau un texte drôle, joyeux et engagé. Ce, tandis que j’ai guidé des ateliers de dessins et d’illustrations auprès des élèves de la classe de CP. Les deux institutrices ont été très impliquées tout au long du projet, ce qui a permis de réaliser une très belle édition collective et en juin, un beau moment d’exposition - valorisation à la médiathèque, avec la présence des parents et des habitant·es.
LES BRUITS DU MONDE - collège vercors
En mai et juin 2025, j’ai pris la suite de l’autrice Marie Boulier pour des propositions d’ateliers d’écriture au Collège Vercors de Grenoble auprès d’Anne Debonnel, enseignante principale en classe UPE2A (Les unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants) pendant les horaires de cours de FLE (Français langue étrangère, désignant le français comme langue d’apprentissage).
Six ateliers de deux heures ont eu lieu avec pour thèmes : le journal, parler de soi, la maison, imaginer le futur, les premières fois en France, la nourriture. L’idée étant de permettre aux élèves d’apprendre et de déployer un vocabulaire de mots français élargis.
avoir 20 ans (ateliers d'écriture)
Entre janvier et juillet 2024, avec Louise Bataillon de La Compagnie du Dernier étage nous avons rencontré 10 classes de CM2 des écoles primaires des communes de Jarry, Champ-sur-drac, Vaulnaveys, Séchilienne et Champagnier. Nous avons été invitées par le réseau des médiathèques pour le projet s’intitulant “Avoir 20 ans”. Les enfants rencontré·es, âgées d’environ 10 ans auront, dans dix ans, 20 ans.
Nous leur avons proposé d’imaginer individuellement et collectivement à travers des ateliers d’écriture joyeux et de dessins des capsules spatio-temporelles pour elleux-mêmes. Imaginer son métier de rêve, lister le prénom des ses ami·es, dire ce qu’on aime dans sa classe, représenter sa tenue préférée, faire le portrait d’un·e autre élève de sa classe… les propositions ont été pluridisciplinaires pour que chacun·e puisse y trouver quelque chose qui lui donne envie. Toutes les capsules spatio-temporelles ont ensuite été scellées à la cire et conservées ensemble dans des boîtes. Les boîtes seront ré-ouvertes et les capsules re-distribuées à leurs auteurices grandit, dans dix ans.
l'équipe rouge - collège fantin latour
Dans le cadre de l’appel à Projets “la Semaine du Féminisme” en mars 2025, accompagnées par Daphnée-Joyce Sommier de la MJC Parmentier, nous sommes intervenus à deux reprises avec Olivia Ferrero pour proposer des ateliers de discussions et de création au collège Fantin Latour.
Nous avons rencontré un groupe déjà constitué d’adolescentes, l'Équipe Rouge. Le point de départ : leur envie de parler du consentement et d’avoir des outils pour pouvoir en parler avec les autres élèves et les y sensibiliser. Pour cela, nous leur avons proposé de faire ensemble un débat mouvant puis d’imaginer des affiches qui pourront ensuite être collées dans la cour ainsi qu’un jeu de cartes à partir d'œuvres d’art.
résidences en ehpad (ateliers créatifs)
Avec Anne Chopard-Lallier, amie et photographe, qui a également travaillé en tant qu’aide à domicile, nous avons commencé à penser, écrire et imaginer des propositions de résidences en EHPAD autour de la correspondance. Nous avons commencé par rencontrer Meredith Charreyron de l’association VSART et l’ensemble de l’équipe de bénévoles qui font un travail incroyable en maison de retraite et proposent des ateliers créatifs variés.
Ce n’est pas toujours facile de convaincre, appuyer, soutenir la nécessité, la pertinence d’intervenir en EHPAD ou à domicile, auprès des institutions qui distribuent les financements. Ainsi, avec Anne, après une prise de contact avec différents EHPAD et le CCAS, nous sommes intervenus à l’EHPAD Saint Bruno, à l’EHPAD Bois d’Artas, et à l’EHPAD André Léo. Ces différentes résidences ont pris des formes différentes : exposition photo géante en plein air dans le quartier Saint Bruno, boom festive et dansante avec les Spice Kitten, ateliers d’écriture avec machines à écrire, rencontres avec les collégien·es du collège Fantin Latour, photographies pour portes d’entrée, manifestations dans les couloirs pour un EHPAD de rêve…
Anne Chopard-Lallier ayant déménagé, j’ai poursuivi ensuite certaines résidences ( (à l’EHPAD Lucie Pellat) avec Olivia Ferrero, salariée de l’association la Nuit du Renard dont l’une pour créer une gazette à l’EHPAD André Léo.
Intervenir auprès de personnes âgées
Lorsque j’ai été étudiante à l’ESAD de Grenoble, j’ai, pendant ma dernière année, été en parallèle auxiliaire de vie auprès de deux personnes en situation de handicap, à leur domicile. Ces rencontres m’ont profondément marquée et surtout, m’ont donné l’envie de continuer de participer à rompre l’isolement et faire des propositions créatives aux personnes en situation de handicap, âgées, invisibilisées, isolées.
Dans certains lieux comme les musées, les salles de spectacles, les récits, les corps concernent peu les personnes empêchées, invisibilisées. Alors iels ont encore moins envie d’y aller, même pour jeter un oeil. Je trouve que trop souvent les personnes âgées n’ont pas et ne trouvent pas l’espace pour prendre la parole et se révéler aux autres de façon singulière. Dans un cheminement fait de conscience et d’inconscience, en observant, en écoutant, en ralentissant parfois, les personnes âgées cherchent de nouveaux éléments de langage qui leur permettent de témoigner, d’agir et de se relier. La société n’imagine pas que ces personnes continuent de penser le monde dans lequel iels vivent.
« leurs os
sentent la pluie qui arrive
le temps qui tourne
quand ils parlent météo,
c’est des os dont ils parlent »
Anooradha Rughoonundun
– Le corps des vieux
linogravure et suminagashi
“Sumi” veut dire “encre”, et “nagashi”, “qui flotte sur l’eau en mouvement”. Le suminagashi, aussi appelé “papier marbré” est une technique d’impression japonaise. Elle permet de réaliser des motifs graphiques à l’aide d’encre et d’huile (ou de liquide vaisselle) qui a pour rôle de repousse l’encre.
C’est une technique qui demande patience et précision. Certain·es moines bouddhistes l'utilisent comme outil de méditation. Il m’arrive de proposer parfois une rapide initiation aux groupes pendant les ateliers : les impressions réalisées peuvent ensuite servir pour réaliser des couvertures de fanzines ou des supports pour des impressions en linogravure.
Un·e relieur·se très chouette utilise de manière professionnelle cette technique à Grenoble : Matéa Palévody.
La linogravure est une technique de gravure et d’impression inventée en Angleterre qui permet d’imprimer en plusieurs tirages un dessin (avec la possibilité d’en varier les couleurs). C’est comme une sorte de grand tampon. Pour s’y essayer, il faut : une plaque de lino, des gouges, des encres, des rouleaux, une presse ou des barrens.
Lorsqu’on grave la plaque de lino avec une gouge, il faut “penser à l’envers”, c’est à dire que les zones qu’on vide de matière vont
être de la couleur du papier et les zones “pleines” vont être de celles de l’encre. C’est comme dessiner en négatif.
De la même manière, si on veut écrire du texte, il faut l’écrire à l’envers car c’est imprimé en miroir. Je trouve intéressant de questionner notre rapport au dessin, à la ligne, aux vides et aux pleins, à la couleurs par cette technique que je propose parfois d’explorer pendant certains ateliers auprès de différents publics (enfants, à partir de 8 ans, adolescent·es ou adultes).
les goûters philo (discussions philo)
Suite à une invitation à intervenir pendant le temps périscolaire, les jeudis, dans les écoles Jean Racine et Malherbe, nous avons commencé à proposer des goûters-philo avec Olivia Ferrero (la Nuit du Renard). Cette proposition nous a été faite par Frédéric Dupont, directeur de la Maison de l'Enfance Teisseire/Malherbe.
De 16h à 17h30, nous proposons aux enfants qui le souhaitent (CE2, CM1, CM2) de venir s’essayer à une discussion à visée philosophique sur des thèmes variés comme le bonheur, l’égalité, les discriminations, le deuil, le regard des autres. Nous commençons toujours par partager un goûter en annonçant le sujet qui sera abordé. Puis, avec les enfants, nous apprenons à en discuter ensemble. Cela peut se faire via un court métrage, une pratique artistique, un débat mouvant, un jeu, un podcast, un livre. Apprendre à discuter permet de mettre au cœur l’écoute, la réflexion, la possibilité de se tromper, de changer d’avis, de ne pas être d’accord, d’apprendre à formuler un avis, une réflexion, de donner des exemples, de parler de soi ou de l’actualité à l’échelle de l’école ou du monde. C’est un petit pas de côté hors cadre scolaire pour pouvoir s’exprimer librement.
Nous sommes deux intervenantes car l’une de nous s’occupe de la prise de son à l’aide d’un enregistreur. Les idées partagées par les enfants sont enregistrées au fur et à mesure des ateliers pour réaliser à la fin du trimestre un podcast rassemblant tout ce qui a été dit.
Les Goûters-philo ont eu lieu pendant deux ans avec Olivia Ferrero (rentrée 2023 puis 2024), puis Camille Regache, journaliste indépendante a pris sa suite (rentrée 2025-2026).
création d'un recueil de poésie
Fin d’année 2024, Katia Bouchoueva, chargée de développement culturel pour L'équipe de l'Office des transports poétik m’a invité à venir proposer une série d’ateliers mêlant écriture et dessin pour créer une édition collective avec les personnes vivant au LAM (Lits d'accueil médicalisés) de Grenoble.
Nous sommes parti·es du thème de la “main” pour tenter ensemble d’activer nos désirs de raconter, de dire. Je leur ai proposé d’explorer de multiples chemins d’écriture, de dessin, de parole, comme des terrains de jeux, des déclencheurs destinés à ouvrir des possibilités fictionnelles de mise en récit : dessiner, poser des mots, indiquer des trajets, fabriquer. En parvenant à rassembler des images ou des mots, les participant·es deviennent individuellement et collectivement des explorateurices de territoires physiques, virtuels ou mémoriels.
J’ai conscience que ce n’est pas toujours facile de faire place à la créativité quand on est précaire ou dans un moment de vie compliqué, que ce soit de par sa santé ou sa situation.
Cependant, j’ai envie de pouvoir permettre d’encourager pour chaque personne sa capacité à lâcher prise, ou son envie de prendre du plaisir sur des temps qui le permettent. C’est ainsi que nous avons imaginé ensemble cette édition en passant par toutes les étapes : création du contenu texte, images, dessins, pliage, assemblage, reliure avec une machine à coudre
les ateliers du vent - clef du jour
De fin 2023 à juin 2024, j’ai suivi la formation du CFPI (Certificat de Formation de Plasticien·ne Intervenant·e) à Marseille. Celle-ci m’a donné l’occasion et le prétexte de rassembler mes réflexions autour des liens entre art et métiers du soin et m’a permise de rencontrer différentes personnes travaillant également autour de ces questions, dont Denis Ehret, pédopsychiatre et président de l’association Clef du jour , l’association des familles et ami·es des résident·es avec autisme
de la Maison Perce Neige de Cuges-les-Pins.
“Je suis plus facilement touchée par des productions maladroites, qui ignorent les codes et donc les foutent complètement en l’air, que par d’autres, plus professionnelles qui les maîtrisent à la perfection et dont on peut plus facilement se projeter, dites d’initié-e-s. Je préfère rencontrer des objets dont je ne parle pas la langue plutôt que des objets dans lesquels je reconnais celle que j’ai appris.”
Zoé Philibert - édition ELGER - entretien Zoé Phillibert / Fanny Lallart.
L’année suivante, en 2025, Denis Ehret m’a invité à venir proposer aux résident·es de la Maison de Cuges-les-Pins des ateliers, en binôme avec le danseur Alessandro Brizio, autour du thème du vent. Ensemble, nous avons cherché, écrit des propositions
d’explorations corporelles et plastiques en entremêlant nos pratiques pour partir avec chacun·e à la rencontre du vent, du fil, du trait dans l’espace autour de nous et sur nos peaux. Ces ateliers d’expérimentations par groupes de 5-6 personnes accompagné·es par leurs éducateurices, ont donné lieu à une exposition de photographies, de taies d’oreiller peintes et au partage d’un rituel chorégraphié qui a eut lieu pendant la Journée du Vent au moins de juin. Pendant ce moment, des cerf-volantistes professionnel·les et passionné·es nous ont rejoint, les habitant·es et les enfants de l’école de Cuges-les-Pins ont été invité·es à nous rejoindre.
Ce projet a été très important et précieux pour moi, la rencontre avec les résident·es et Alessandro Brizio m’a beaucoup marqué et permis de déployer ma pratique en tant qu’artiste et intervenante dans des espaces que je ne connaissais pas encore, en y ajoutant gestes et communication non-verbale.
Il me semble que c’est important de résister pour être exactement là et de continuer à essayer de traverser, tordre, déplacer des situations, des rencontres par des propositions d’ateliers ou de résidences.
« Les collines s’étaient vidées de leur substance solide. Des lumières vagabondes enfonçaient un coin empanaché parmi des routes invisibles et englouties, mais nulle lumière ne brillait sur les ailes repliées des collines, et l’on n’entendait aucun bruit sauf le cri d’un oiseau en quête d’un arbre plus solitaire. Au bord de la falaise murmuraient ensemble la brise qui avait traversé les forêts, et l’eau qui s’était rafraîchie dans mille profondeurs vitreuses du plein océan. » - Les vagues, Virginia Woolf.
Ateliers création de fanzines
J’imagine des ateliers comme des terrains de jeux, des déclencheurs destinés à ouvrir des possibilités fictionnelles de mise en récit. Mettre en récit, c’est raconter une histoire, n’importe laquelle. Elle peut commencer dans un jardin ou sur une autre planète. On peut l’écrire, la dessiner, ou les deux. Ce sont des éclats de joie. Lors de mon service civique auprès d’Enfanzine, j’ai beaucoup appris de l’importance de prendre soin du décor, de la scénographie, de l'accueil.
Accueillir pour un atelier, c’est comme inviter des ami-es à venir manger chez soi. J’aime mettre une nappe, une guirlande, préparer. Lorsque je propose un atelier pour créer un fanzine, j’aime l’imaginer comme un grand buffet où chacun-e peut trouver de quoi nourrir ses idées, des magazines, des ciseaux, de la colle, des papiers de couleurs, des machines à écrire, des tampons, des feutres, des craies, des crayons de couleurs, des gommettes.
Ateliers création de gazettes
Lorsqu’il est possible d’imaginer une suite d’ateliers comme un cycle, comme une série de moments pour se rencontrer sur un temps donné pour apprendre à se connaître et imaginer ensemble, la forme de la gazette m’a paru particulièrement intéressante. Avec Olivia Ferrero (La Nuit du Renard) nous avons par exemple proposé aux élèves d’une classe de sixième du collège Fernand Léger à Saint Martin d’Hères de réaliser ensemble une gazette sur le quartier Renaudie. C’est un quartier à l’architecture particulière, proche de leur collège et dans lequel certain-es habitent. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois, sur une invitation de Virginie Combel, professeure d’art plastique et nous avons collecté interviews, dessins, mots, ressentis, idées. Cette gazette a ensuite été imprimée à Diplodocus en riso puis distribuée aux élèves et dans le quartier.
Toujours avec Olivia, nous avons aussi réalisé deux gazettes pendant les ateliers périscolaires (portés par le TRACé) avec un groupe d’enfants qui en ont imaginé l’ensemble du contenu et ont participé à toutes les étapes de fabrication (conception, mise en page, reliure, distribution). Portées et motivées par cette idée, nous avons également accompagné et imaginé la création de la Gazette André Léo, avec les résident-es, à l’EHPAD André Léo de Grenoble. Nous avions envie d’intégrer de multiples dimensions : expériences personnelles, événements liés à l’actualité pour soutenir et créer du lien entre les résident-es et leurs proches. Entre rencontres individuelles en chambres, temps collectif, dessin dans les espaces communs, puis impressions, distribution, nous avons passé environ trois mois à rencontrer chaque personne intéressée par ce projet. Puis, pour le clôturer, nous avons proposé un temps d’exposition et de lecture à voix haute (par Louise Bataillon, de la Compagnie du Dernier étage) au Café Léo.
correspondances à rocheplane
Les correspondances à Rocheplane ont lieu tous les trois premiers lundis de chaque mois depuis janvier 2025. Portées par La Compagnie du Dernier étage nous intervenons en binôme directement en chambres au service gérontologie du Centre Médical de Rocheplane.
Une illustratrice et une comédienne partent pendant deux heures rencontrer les patient·es pour discuter d’un thème choisi en amont (1 thème / mois). Ce temps de rencontre est un prétexte pour échanger, se raconter. Ce moment donne lieu à la création d’un dessin et d’un texte qui seront ensuite imprimés sur des cartes postales qui seront lues et offertes aux patient·es le troisième lundi du mois par les deux factrices.
l'équipe d'intervenantes
L’équipe d’intervenantes est composée de :
- Louise Bataillon et Ariane Salignat de la Compagnie du Dernier étage
- Alice Raconte, illustratrice
- Fanny Hermant, comédienne
- Zoé Vuaillat
- Anto Metzger
- Anouk Nier Nantes





































































