Bonjour, je suis Coralie simmet
Je suis née au mois de juin en Alsace, où j’ai grandi. D’ailleurs, j’adore mon anniversaire, j’aime bien le fêter pendant un mois. J’apprécie les choses minuscules comme les lucioles et géantes comme les montagnes, j’aime l’incroyable ordinaire, observer les chiens dans la rue ou les parcs, écrire et recevoir des cartes postales, manger des glaces aux parfums les plus bizarres possibles (par exemple foin ou épinard), faire des listes, lire au soleil. Je n’aime pas trop les pommes de terre.
Je suis peintre et illustratrice à Grenoble, mais depuis 2012, je suis aussi artiste intervenante sociale pour permettre, soutenir, imaginer des dialogues et des rencontres par la création artistique avec et auprès de personnes d’âges, de situations de vie et de parcours différents.
Prendre soin, c’est une façon de regarder le monde et les personnes qui nous entourent. Ça peut être aussi petit qu’aider un escargot qui traverse une route, envoyer une carte postale, faire une tarte au citron avec quelqu’un pour le goûter ou encore choisir de mettre une feuille et des feutres entre deux personnes pour dessiner ensemble. C’est trouver quelque chose qui fait du bien à partager, à donner, à recevoir.


Après l’obtention d’un Bac Littéraire, option anglais renforcé et arts plastiques, j’ai passé un an dans une classe préparatoire à Colmar (l’AFAP). J’y ai acquis de nouvelles connaissances et j’ai pu développer ma curiosité en découvrant de nouveaux médiums.
Avec ce nouveau bagage, je suis entrée en 2012 en première année à la Haute École des Arts du Rhin, Le Quai, de Mulhouse. Ce fut une étape de redécouverte et de réappropriation des techniques apprises l’année précédente. C’est ainsi que j’ai pris goût de manière plus impliquée à la peinture et au dessin avec une curiosité et une envie vive de jouer avec la couleur. C’est pendant cette année que j’ai commencé à travailler auprès d’enfants pendant les vacances scolaires dans un centre social. Poussée par un élan de changer d’air, j’ai tenté plusieurs concours d’équivalence : je déménage.
Je retrouve un emploi d’animatrice périscolaire mais aussi de babysitter. Après deux années à l’école de Grenoble et l'obtention du Diplôme National d’Arts-Plastiques (DNAP), je suis partie en mobilité en Inde durant cinq mois dans la Srishti School de Bangalore avec l’envie d’entremêler féminisme, motifs, couleurs vives et textile. Un an après, en 2017, année pendant laquelle j’ai travaillé en parallèle de mes études en tant qu’auxiliaire de vie à domicile, j’ai eu mon Diplôme National supérieur d’expression plastique (DNSEP - option art) à l’Ecole Supérieure d’art et design de Grenoble (l’ESAD).


En 2019, je commence un service civique de six mois au sein de la Maison d’édition d’idées (aujourd’hui Enfanzine) avec Alice Guerraz. Enfanzine déploie en plein air un univers coloré pour proposer des ateliers de créations de fanzine aux enfants qui viennent sur la place des Géants à la Villeneuve (Echirolles). Je découvre la risographie. J’imagine alors mon travail autrement : je retourne aux papiers, aux feutres, à la gouache à travers des histoires, en illustrations, en éditions collaboratives. J’aime me faufiler entre multiples techniques, toujours maladroitement avec soin.
C’est en 2020 que je crée mon statut d’indépendante pour un métier sur mesure qui entrelace pratique artistique et travail social. Je commence à intervenir chaque semaine dans une école primaire pour des ateliers artistiques périscolaires de médiation en lien avec les expositions proposées par le TRACé.
J'interviens également auprès d’enfants et de différents publics invisibilisés (comme les personnes âgées ou les personnes incarcérées) pour proposer des ateliers qui relient et encouragent à plonger dans un imaginaire coloré et collectif.
Mon vélo devient mon meilleur allié pour aller d’ateliers en ateliers et de rencontres en rencontres. Avec Anne Chopard-Lallier, photographe, nous commençons à intervenir dans des EHPAD de la région grenobloise sous la forme de résidences artistiques, en lien avec le CCAS.
Au début de l’année 2023, je m’inscris à la formation à l’animation d’ateliers d’écriture proposée à la Maison des écrits (Echirolles) pour pouvoir être plus à l’aise sur des propositions mêlant écriture et dessin. J’aime remplir ma boîte de nouveaux outils.


En septembre 2023, je commence la formation CFPI (Certificat de Formation de Plasticien·ne Intervenant·e) à Marseille jusqu’en juin 2024. Cette formation me permet d’approfondir mes connaissances mais aussi d’intervenir auprès de publics que je connais moins - par exemple au Centre Pénitentiaire des Baumettes. Déjà conquise par la ville de Marseille que j’apprécie beaucoup, je rencontre également de nouvelles structures inspirantes (comme par exemples Lieux fictifs, 3BISF, La Bagagerie...). Tout au long de l’année, j’imagine et j’écris “Rassembler nos patiences” qui regroupe mes réflexions autour de l’entremêlement de la pratique artistique et sociale.
L’année suivante, l’équipe pédagogique du CFPI me propose d’intervenir auprès du nouveau groupe de stagiaires autour des liens entre art et care*. J’interviens également à la Maison Perce-Neige de Cuges les Pins avec Alessandro Brizio, chorégraphe, sur une invitation de Denis Ehret, pédopsychiatre. En 2024, je me forme à nouveau auprès de la Maison des écrits à l’animation de débats à visée philosophique.
Depuis septembre 2025, j’ai commencé un cours hebdomadaire de Langue des signes française (LSF) sur le Campus de Saint-Martin d’Hères. J’aimerais pouvoir accueillir pendant les ateliers que je propose un public varié, prendre en compte les besoins de chacun·e et aussi peut-être un jour, proposer des visites signées dans les musées départementaux, lorsque j’y travaille en tant que guide ou médiatrice, auprès de l’Agence Unique. Mon atelier est installé dans un lieu super chouette qui regroupe pleins d’artistes et s’appelle le Grand Collectif.


*Le care
Les « métiers du soin et du lien aux autres », aussi appelés métiers du care, peuvent se décomposer en cinq grandes « fonctions sociales » : la petite enfance, l’éducation, la santé, la perte d’autonomie (personnes âgées et en situation de handicap) et enfin les services d’action sociale. 75% de ces salarié·es sont des femmes (ce qui correspond à près de 20% de l’emploi féminin). Dans ces professions, il s’agit entre autres de soigner, d’écouter, d’accompagner, de nettoyer, d’éduquer. Dans la société de façon plus générale, 82% des salarié-es à temps partiel sont des femmes, avec des salaires souvent en dessous du seuil de pauvreté et une flexibilité maximum (travail le soir, le dimanche, horaires variables, amplitudes horaires élargies). 63% des salarié-es payé-es au SMIC sont des femmes. Les femmes constituent 97,7% des aides à domicile. Il y a également un important pourcentage de femmes travaillant dans les métiers du soin qui sont des femmes racisées. (Lucile Peytavin - Le coût de la virilité).
Dans le domaine de l’art, souvent lorsqu’on y relie une pratique sociale ou de médiation, la rémunération est plus basse que pour celleux qui vivent pleinement de leur pratique artistique à travers des expositions ou des galeries. Il y a plus d’artistes qui s’identifient comme femmes qui choisissent de se tourner vers ces pratiques en lien avec différents publics.







